Ropport de la sortie archéologique Du 14/07/2011

                                                    

 

     Le 14/07/2011, à partir de 13 h 15’, MR Abdelaziz Guiri, conseiller au bureau de l’association « les amis de Bhalil »  a accompagné Mrs Limane Mohamed et Aziz El Khiari, professeurs chercheurs à L’Institut national des sciences d’archéologique et du patrimoine, pour une visite  de prospection préliminaire de quatre sites historiques  (dchouras) de Bhalil.

 

Site 1 : Dchar de Zwawa

 

     A ) Il a été procédé à une prospection du site du côté du mausolée de Sidi Abdellah à 14h45’10’’. Une reconnaissance des tombes a été effectuée. Leur dimension et leur position ont été relevées. (cf. : anthropologie n°40 de 1919).

      La mission scientifique a ensuite constaté la présence de :

   -débris : tessons (indice d’une occupation du site) et débris de consolidation. Les habitants  faisaient ramener l’eau jusqu’ ‘au site. 

    - matériaux archéologiques : une céramique (indice d’occupation au 16ème-17ème siècle) pas  très ancienne (image n°14072011053).  

 

     B)  du côté de tchar de Zwawa, les archéologues ont détecté la présence d’indices d’occupation : des silos et des matériaux archéologiques. Ils se sont posés la question suivante : le basalte existe-t-il sous forme de roche ou a-t-il été amené d’une autre région ? La présence de débris de moulins faits en basalte permet de conclure à l’importation du basalte de la région de Lhajeb. (cf : l’article sur la poterie de Bhalil in….)

     Les professeurs ont abordé, ensuite, l’onomastique (n.f : relatif au nom. ling : étude, science des noms propres et spécialement des noms de personnes), l’anthroponymie et la toponymie (science qui étudie les noms des lieux, partie de la linguistique qui étudie les noms de lieux. La toponymie et l’anthroponymie forment l’onomastique.

  Se référant à Madame Rachat, son ex professeur, Mr Limane, a affirmé que la présence romaine dans les sites visités est inexistante.

 

 

Site 2 : Dchar  Chkounda

 

      Lors de la visite de ce site, les éléments suivants ont été relevés :

   - la présence de silos et de grottes creusées dans la mélasse (tafza), et dont l’occupation est récente. Le choix du site s’explique par la roche facile à creuser (la mélasse).

Dessin d’un silo typique

   -la présence de silos, du cimetière et de quelques matériaux archéologiques (céramique…) témoignent d’une occupation des lieux.

Les professeurs se sont, ensuite, posés  la question de savoir  à quand remonte l’exploitation des carrières de mélasse ?

  -il a été relevé, enfin, quelques débris de brique ,quelques restes de tombes et de la céramique peinte sous glassure…    

      

Site 3 : Tchar Boumaraaz

 

     Après une pause déjeuner, il a été constaté la présence de matériaux archéologiques divers :

    *débris de poterie

    *restes de bâtiments effondrés et ou détruits.

    *présence d’outils de moulins

     Le cimetière n’a pas été retrouvé.

 

Site 4 : Dchar El Kalaa

 

    C’est un site surélevé avec la présence de citernes  (مطفية). En témoigne l’inclinaison du toit côté ouest (inclinaison de la voûte).

  L’attention des archéologues a été centrée sur la présence et ou l’absence de débris de poterie peints à la corde sèche : un indice du passage des romains dans le site et qui pourrait changer l’histoire de la région mais rien n’a été trouvé.

   La présence de beaucoup de débris de meules à grain  en basalte confirme la thèse que les potiers et autres artisans ciseleurs cherchaient la roche dans la région où le basalte est très présent (El Hajab).

Partant du postulat que la légende constitue un fond logique de l’histoire, l’histoire de la vieille qui a su déjouer l’attention et l’encerclement  des soldats du sultan surnommé    )    لكحل السلطان) réfère tout au plus au 16ème siècle ou 18ème siècle) c.à.d. à la dynastie des Saadiens .

   Sur le plan géologique, la présence de quelques roches fuligineuses et quelques scories a été relevée.

 

Conclusion

 

    A la lumière des observations et   des relevés, aussi superficiels soient-ils, les conclusions suivantes ont été tirées:

    -l’ensemble des sites sont islamiques avec une chronologie variée.

   -selon les matériaux, l’occupation des sites date du 14ème et 18ème siècle, ce qui laisse  supposer la nécessité d’entreprendre une recherche en profondeur et une prospection systématique en vue de préparer l’élaboration d’une carte archéologique de la zone.

    Trois principaux axes de recherche sont à envisager :

         1-l’axe archéologique.

         2-l’axe anthropologique

         3-la particularité de l’habitat troglodyte.

 

    Ces axes seront mis en évidence en vue de l’élaboration d’une politique touristique dans la région.

Il est donc capital de faire un inventaire des sites archéologiques patrimoniaux et écologiques (ressusciter par exemple le chemin qui reliait les différents Dchouras et en faire sinon un circuit de randonnée, du moins, un lieu de marche et de pèlerinage….) et penser à une carte archéologique pour les passionnés.

   En ce qui concerne l’axe anthropologique, penser à la conception d’un   musée ethnologique de Bhalil ou opter pour ce qui est d’actualité aujourd’hui, à savoir « un centre d’interprétation »  pour Bhalil qui engloberait :

    -l’histoire

    -l’écologie

    -l’ethnologie etc.

   -l'utilisation des matériaux archéologiques comme support, les diapositives, les images, les marabouts, l’arboriculture traditionnelle.

    De par ces éléments, il a été question en filigrane du dialecte Bahlouli, de présence de marabouts tout proche de lieux d’occupation …etc.

    Rédigé par  Guiri Aziz

Révisé et complété par Guiri Ali

Conception matérielle par El Merrouni Abdeslam